Sur la place Enghelab de Téhéran, le 26 mai 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
Les Etats-Unis ont a abattu quatre drones iraniens et mené des frappes sur une base au sol dans le sud du pays dans la nuit de mercredi à jeudi, la deuxième opération américaine de ce type cette semaine.
Quatre drones d'attaque qui représentaient une "menace autour du détroit d'Ormuz" ont été abattus, a affirmé un responsable américain, ajoutant que l'armée américaine avait aussi frappé "une station de contrôle au sol à Bandar Abbas qui menaçait de lancer un cinquième drone."
"Ces actions étaient mesurées, uniquement défensives et menées avec l'intention de maintenir le cessez-le feu", a affirmé ce responsable sous le couvert de l'anonymat.
Les médias iraniens avaient auparavant rapporté que trois fortes explosions avaient été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire sur le détroit d'Ormuz, vers 1h30 jeudi (22h00 GMT mercredi).
Dans la nuit de lundi à mardi, Washington avait déjà annoncé avoir bombardé des sites de missiles dans le sud, l'Iran dénonçant pour sa part une violation du cessez-le-feu.
Si les armes se sont quasiment tues dans le Golfe depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations sont laborieuses, et le détroit d'Ormuz reste verrouillé par l'Iran, ce qui a renchéri l'or noir et fait vaciller l'économie mondiale.
Dans le même temps, l'armée israélienne a appelé jeudi à l'aube les habitants de plusieurs secteurs de la ville de Tyr, dans le sud du Liban, à évacuer en prévision d'un "emploi de la force" à venir contre des immeubles qu'elle a présentés comme étant utilisés par le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.
Les frappes de jeudi en Iran interviennent alors que Donald Trump a une nouvelle fois agité la menace d'une reprise des hostilités en cas d'échec des négociations.
L'Iran "veut vraiment conclure un accord. Ils n'y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l'être (...). Ou alors nous devrons simplement finir le travail", a dit mercredi le président américain.
Le prix du West Texas Intermediate (WTI), référence américaine du pétrole brut, a légèrement augmenté jeudi avant l'ouverture des Bourses en Asie, tout en restant fermement sous le seuil symbolique de cent dollars le baril.
- Passer "du pire au mauvais" -
En Iran, l'accès à internet a été en partie rétabli après une coupure de près de trois mois. Les connexions restent erratiques, les données mobiles étant encore largement coupées, de nombreux sites filtrés et des services de messagerie difficilement accessibles.
Des passants traversent une rue devant un panneau d'affichage apposé sur la façade d'un immeuble représentant le détroit d'Ormuz, avec une légende en persan indiquant "Pour toujours entre les mains de l'Iran", à Téhéran, le 25 mai 2026 ( AFP / ATTA KENARE )
"Ce n'est pas du bonheur ou de la joie (que je ressens, NDLR), j'ai juste l'impression qu'on est passé du pire au mauvais", a réagi auprès de l'AFP Bahareh, 32 ans, nutritionniste à Téhéran.
"On se demande tous les jours: +Y aura-t-il des frappes de missiles ce soir?+", décrit Amir, un développeur de logiciel de 27 ans, également depuis la capitale iranienne.
Les Gardiens de la Révolution ont jugé la probabilité d'une reprise de la guerre "faible en raison de la faiblesse de l'ennemi". Mais "les forces armées se tiennent en alerte", a prévenu Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales cité par l'agence de presse Tasnim.
- Accès aux avoirs -
L'Iran a affirmé être en train de finaliser un accord-cadre en 14 points avec les États-Unis, donnant la priorité à la fin de la guerre "sur tous les fronts", y compris au Liban.
"Le projet d'accord-cadre (...) est une totale invention", a réagi la Maison Blanche.
Une femme passe devant une peinture murale anti-américaine et anti-israélienne, le 26 mai 2026 à Téhéran ( AFP / ATTA KENARE )
Selon la télévision iranienne, le protocole en discussion prévoit notamment un engagement des Etats-Unis à lever leur blocus des ports iraniens en contrepartie du rétablissement du trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.
Téhéran cherche aussi à obtenir le déblocage de 24 milliards d'avoirs gelés à l'étranger, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon l'agence iranienne Isna.
C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps.
Les Etats-Unis réclament la destruction de son stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain. Téhéran dément de son côté vouloir se doter de la bombe atomique.
Au Liban, où les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes au Liban depuis le 2 mars, selon le dernier décompte du ministère de la Santé, les violences continuent malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.
Israël a averti mercredi qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du Zahrani, fleuve s'écoulant à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre Israël et le Liban.

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